Ma relation à l'effondrement est le cœur de l'histoire que je me suis racontée pendant de nombreuses années.
Pour se confronter à la peur de l'effondrement, il est essentiel de remarquer tous les bienfaits de cette peur.
L'hyper empathie ou une générosité excessive est une conséquence. Ca a permis de déployer tout ce que j'ai mis en place en tant que sage-femme (préparation en piscine d'eau de mer, haptonomie, pleine conscience ...). Mais ça a été une manière de s'accrocher (hook) à l'autre pour donner du sens à son existence.
En déplaçant l'attention vers quelqu'un d'autre, on s'oublie et par voie de conséquence, on évite la peur de l'effondrement. En faisant mes recherches sur cette peur qui me collait à la peau, j'ai reçu ces éléments de réponses qui venant relier toutes les pièces du puzzle de mon parcours.
Origine
L'effondrement tient son origine à la naissance. Le nouveau-né a 2 besoins pour vivre : respirer et aimer.
S'il ne reçoit pas la connexion nécessaire pour qu'on réponde à ses besoins, il va pleurer, beaucoup pleurer. La réponse passe par la connexion du parent qui a besoin de se mettre sur le canal de communication pour entendre le besoin.
Or, il arrive que le parent ne soit pas en capacité de répondre, consciente et inconsciente. Il existe plein de circonstances possibles.
Ca n'est ni la faute du parent ni celui de l'enfant.
Le nouveau né pleure, pleure jusqu'à ce qu'il arrive à un état d'épuisement et il s'effondre pris d'une terreur mortelle. Son système interne se met en mode survie.
Il s'effondre du rien, de l'absence, de la non-réponse, de la perte de contact.
Il y a une interruption de connexion à soi. Il s'engourdit, se coupe, disparaît et devient invisible.
Il entre dans un besoin de relation interpersonnelle et d'intimité.
En grandissant sa souffrance profonde resurgit dans les moments de perte de contact. La notion de présence absence le terrifie. La présence de l'autre devient une bouée. Pour survivre, il sera question de tout faire pour faire en sorte de maintenir la connexion avec la figure d'attachement.
Il va traverser sa vie avec une figure d'attachement instable créant le dilemme sans solution.
Plusieurs conséquences : perte de confiance en l'autre, la méfiance, la croyance qu'on ne peut pas compter sur l'autre, l'auto suffisance forcenée ("je me débrouille seule").
Il y a aussi une souffrance qui n'est pas le résultat de circonstances de vie et peut être de rien en apparence.
Souffrir de rien créé la honte. "J'ai tout pour être heureux et je ne le suis pas."
Un jour, j'ai dit à mon ex mari "Est ce que tu penses que tu réponds à tous mes besoins ? Oui, m'a t il dit. Je lui ai répondu, "ça n'est pas possible, je ne suis pas heureuse." il ajoute :" De toute façon, tu es une éternelle insatisfaite."
J'avais un problème du "rien". Or, ce "rien" compte, dit Ruth Cohn, psychologue spécialiste des traumatismes de négligence.
La honte de cette souffrance pour rien fait retarder le moment pour voir le traumatisme du rien.
Qu'ajouter de plus ici ? Mettre des mots sur l'histoire et les blancs de ce qui n'a pas eu lieu est salvateur. ça vient parler de "redonner la parole" à ce rien qui est tout.
Cela vient donner sens à ce métier autour du lien que j'ai exercé en périnatal. Cela me confère la grille de lecture me permettant de voir là où d'autres restent prisonniers en zone aveugle en se racontant des histoires sur ce qui a manqué.
Est-ce que cela vous parle ?
Si oui, écrivez moi.
FANJA RANDRIAMANJATO
J'ai cru que la peur de l'effondrement était une peur habituelle pour tous les humains.
Par conséquent, j'ai cru que tout le monde pensait comme moi en ce qui concerne les relations interpersonnelles. Vous avez compris, on ne pense pas tous pareils.
© 2025 Créé avec systeme.io - Mentions légales